Vitraux

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VITRAUX DU DEAMBULATOIRE

Les chapelles du déambulatoire présentent une prestigieuse collection de vitraux du XIIIe siècle, la plus belle en France après la Sainte-Chapelle, Chartres et Bourges.

 

Un peu d'histoire

Contemporains du roi Louis IX, ces vitraux sont formés de panneaux carrés ou rectangulaires servant de cadre à des " médaillons " de forme diverse (rond, trilobé, quadrilobé) où sont représentées des scènes avec personnages. Le style, de grande qualité, se rapproche beaucoup plus des ateliers de Paris que de ceux de Lyon, l'autre grand centre de l'art du vitrail à l'époque. Dans un certain nombre de ces fenêtres on retrouve les semis de fleurs de lys (or sur fond bleu, pour le roi) et de tours de Castille (or sur fond rouge, pour sa mère, Blanche de Castille) qui caractérise les vitraux commandés par saint Louis pour la Sainte-Chapelle : on peut donc penser qu'elles ont été offertes directement par le roi, à la suite de sa venue à Clermont pour le mariage de son fils, Philippe Le Hardi. Cependant, l'une de ces verrières (chapelle Ste-Anne) présente une quinzaine de médaillons plus anciens, de style roman, qui doivent être des vestiges de la cathédrale antérieure. Comme d'habitude toutes ces verrières ont souffert du temps (intempéries, enlèvements des médaillons du bas pour gagner de la clarté, restaurations malhabiles,…), mais l'ensemble a été magnifiquement restauré et replacé vers 1930 par le maître-verrier Gaudin de Clermont. Sur les quelque 410 panneaux on en compte 73 qui proviennent d'une réfection ou d'une restauration complète, d'ailleurs bien accordée au reste. Chaque verrière se compose de trois ou quatre " lancettes ", qui sont comme des colonnes verticales de panneaux se terminant en ogive. L'ensemble est surmonté d'une petite rose à 6 lobes. Chaque fenêtre constitue un véritable livre d'images, présentant une ou plusieurs histoires (vie du Christ, d'un saint, épisodes divers).

 

Chapelle St-Georges

En commençant la visite du déambulatoire par le côté Nord, on trouve après la sacristie cette chapelle, qui est à fond plat, et dont la verrière très large comporte 4 lancettes, chacune formée de 9 panneaux, décrivant la vie et le martyr de saint Georges. Patron de la Croisade, ce saint fut très honoré en Auvergne et pas moins de 23 paroisses portèrent son nom. La rose du haut présente un chevalier armé pour la Croisade, en accord avec les fresques de cette même chapelle. L'ensemble peut être daté de l'époque de Philippe Le Hardi, vers 1270.

Chapelle St-Austremoine

C'est la première des 5 chapelles polygonales qui forment l'arrondi du chevet. Chacune comporte trois verrières, composées de deux lancettes surmontées. Celle-ci est dédiée à la vie de St-Austremoine, premier évêque d'Auvergne (IIIe siècle). Cet attachement des Auvergnats aux pères fondateurs de leur foi est important au Moyen-Age, et se remarque dans un grand nombre d'édifices religieux de la région. Il fut d'ailleurs reconnu par la couronne de France, puisque les vitraux de cette chapelles sont parmi les plus proche du style " St-Louis ", avec leur fond en semis de fleurs de lys et de tours de Castille. La fenêtre de gauche illustre la prédication d'Austremoine en Auvergne, celle du centre la construction de l'église d'Issoire et la mort du saint, celle de droite divers épisodes et miracles de sa vie.

                        

 

 

Chapelle Ste Marie-Madeleine

Les représentations de cette sainte,  particulièrement honorée à Vézelay, sont rares. Cette chapelle offre un ensemble unique d'illustrations de sa vie : scène des parfums, résurrection de Lazare, mort et résurrection du Christ (fenêtre de gauche), voyage par mer des saintes femmes et arrivée en Provence (centre), ermitage à la Sainte-Baume et ravissement par les anges (droite). Saint Louis fit don de reliques de cette sainte à la cathédrale en 1269, avec un morceau de la Couronne d'épine. Ce fut l'origine du culte qui lui fut rendu dans la région.
 

Chapelle St-Jean-Baptiste

Chapelle axiale, ce sont ses verrières qui présentent le plus d'analogie avec celles de la Sainte-Chapelle, avec toujours les semis de lys et de tours de Castille, des nuances de couleurs semblables , et des médaillons dont la forme est soulignée par une armature de fer épaisse, donnant plus de relief à la scène représentée. La verrière de gauche ne se lit pas de gauche à droite : exceptionnellement , on y lit la parabole du fils prodigue sur la première lancette, puis la vie de St Jean-Baptiste sur la deuxième, de bas en haut. On y remarque la fameuse "danse des jongleurs" exécutée par Salomé pour obtenir la tête du saint, en équilibre la tête en bas sur deux poignards fichés dans le sol. La verrière du centre, à médaillons circulaires, illustre l'enfance du Christ, (dans l'ordre habituel), celle de droite, la légende du diacre Théophile, qui gère les biens de son diocèse, est tenté par le diable, délivré par un miracle de Notre-Dame, et bâtit des églises. Cette verrière est surmontée d'une rose représentant le couronnement de la Vierge, rappelant l'Assomption de la grande verrière au-dessus du chœur.

 

Chapelle St-Bonnet

Saint Bonnet fut évêque de Clermont (689-699) et sa mémoire jouit d'une popularité durable. La fenêtre de gauche le représente en intendant de Sigisbert, puis en évêque. Celle du centre décrit sa vision de la Vierge, son renoncement à l'épiscopat et sa retraite à Manglieu. Celle de droite, son départ vers Lyon et Pavie, quelques scènes de guerre, son retour par la mer et sa mort à Lyon.

 

Chapelle Ste-Anne

 

La fenêtre centrale contient 15 médaillons représentant l'enfance du Christ, dans un beau style roman, qui ont dû appartenir à la cathédrale antérieure. Ces médaillons sont plus petits, et une plus large place est laissée aux bordures ornementées .La fenêtre a été complétée au XIIIe siècle, avec des médaillons de même taille.

 

Les autres fenêtres, de la même époque, présentent : à droite la Passion, l'Ascension, la Pentecôte, la figuration de l'Eglise ; à gauche, un résumé de la vie de saint Bonnet, complété avec des panneaux neufs.

 

 

Chapelle Ste-Marguerite

Celle-ci comporte, comme dans la chapelle St-Georges opposée, 36 panneaux rangés dans 4 lancettes, qui se lisent par paires. Les deux lancettes de droite présentent la vie de Ste Marguerite : sa vie de bergère, sa poursuite par le dénommé Olibrius, païen qui voulait l'épouser, son refus et son martyr final en 275. Les deux de gauche présentent celle de saint Privat, évêque de Gévaudan, né à Coudes près de Clermont vers l'an 200 (ensemble partiellement reconstitué).

 

 

 

 

 

 

Chapelle Ste-Agathe

C'est une fenêtre à 3 lancettes, comportant 28 médaillons qui retracent la vie de sainte Agathe (ordre de gauche à droite et de droite à gauche alternativement) . En particulier sont retracés son martyr à Catane, une éruption de l'Etna, Catane sauvée miraculeusement par la sainte. La rose supérieure représente l'Ascension.

 

 

Chapelle St-Pierre

La fenêtre de cette chapelle a été en partie obstruée par la construction d'un contrefort au XIVe siècle. On y a placé des médaillons égarés provenant de déplacements antérieurs. Parmi ceux-ci, on trouve 8 scènes de l'Ancien Testament, 5 scènes de la vie de saint Vital et de saint Agricol, co-patrons des cathédrales antérieures. Enfin, 8 panneaux commémorent saint Arthème, évêque de Clermont en 394 : officier à Trèves, envoyé comme ambassadeur en Espagne, il tomba malade lors de son retour à Augusto Nemetum (site de Clermont), il y resta, demanda le sacerdoce et fut évêque pendant quelques années. Les médaillons relatent surtout les miracles survenus après sa mort : ce saint avait, dit-on, grand pouvoir contre les incendies. On voit combien ces vitraux restent proches de l'histoire sainte locale, et combien le peuple honorait ceux de ses évêques qui avaient montré une sainteté particulière.

 

 

 

 

 

 

 

 

VERRIERES HAUTES

Elles doivent être vues de loin ; au contraire des verrières du déambulatoire, elles présentent des personnages isolés de grande taille, environ 2m30, sur un fond de grisaille qui permet un bel éclairage de l'édifice. Ils ne sont pas dessinés à l'échelle, mais avec des traits accentués, presque rudes de près, et parfaits à grande distance (insérer image : vitr12). Composées elles aussi au XIIIe siècle, ces fenêtres ont subi beaucoup de restaurations, à cause de leur exposition aux intempéries ; un orage de grêle en 1835 a fait beaucoup de ravages. Il y a en tout 13 fenêtres. Chacun des 5 pans de l'abside en comporte une, faite de deux lancettes. Chacune des quatre travées du chœur en comporte une de chaque côté, plus large, avec trois lancettes. Chaque lancette présente un seul personnage. La fenêtre du centre rappelle que la cathédrale est dédiée à Notre-Dame de l'Assomption : à droite le Christ, recevant la Vierge déjà couronnée à gauche, environnée d'une mandorle, soutenue par des anges. Leurs deux mains se touchent, dans un geste plein de tendresse spirituelle. Les quatre autres fenêtres de l'abside présentent des apôtres : successivement St Pierre, St Jean, St Jacques, St Thomas à gauche ; et St Paul, St André, St Jacques le Mineur, St Mathieu à droite. Les fenêtres des travées présentent des personnages dont la plupart sont de l'Ancien Testament. Certains sont reconnaissables à leurs phylactères.

 

 

Au Nord,

St Barthélemy, Isaïe, Sophonie (récent) ; Daniel, Osée, Jérémie (récent) ; Job, Aggée, Jonas ; Un roi, un évêque, un prophète.

 

 

 

 

Au Sud,

Isaïe, Job, Abraham ; Abdias , Amos, Moïse ; Balaam, David, Salomon ; Habacuc, Amos, Michée.

 

 

 

ROSES DU TRANSEPT

 

 

 

 

Ces roses, de 14m50 de diamètre, sont inscrites dans un carré, l'espace situé entre le cercle et les coins du carré étant remplis par des roses plus petites. Dans la rose principale, un œil central polylobé est la source de 16 rayons, qui ensuite se subdivisent en 32 petits rayons s'appuyant sur une couronne dont la géométrie est différente dans les deux roses. La rose du Nord présente des couleurs bleues et rouges dont les nuances rappellent les pierres et métaux précieux, ou les enluminures en vogue à cette époque. C'est la plus restaurée, surtout à la suite de la tempête de 1835. La tête qui orne le centre, assez surprenante au milieu de cet ensemble purement géométrique, est récente. La rose du Sud, plus transparente, a des couleurs or et vermillon qui offrent des teintes riches au soleil de midi. La membrure de pierre, plus déliée, rappelle la rose Sud de Notre-Dame de Paris.

 

Deux vitraux contemporains

Dans la meilleure tradition du vitrail médiéval, deux œuvres d’Alain Makaraviez, maître verrier installé dans la Nièvre, sont venues s’ajouter, dans les années 1970-1980, aux verrières de la cathédrale. Placés dans les chapelles qui flanquent le portail occidental, ces vitraux procèdent d’une étroite coopération entre les archiprêtres de la cathédrale et l’artiste. Tous deux présentent la même structure : un grand médaillon circulaire s’insérant entre deux lancettes.

Le premier, placé dans l’ancienne chapelle sainte Zite, dans le prolongement du bas-côté sud, illustre l’Apocalypse de saint Jean. Le médaillon central est occupé par un Christ en majesté, portant le livre aux sept sceaux, entouré des vingt-quatre vieillards. A la lancette de gauche, les quatre cavaliers s’avancent sous un soleil noir et une lune de sang ; à gauche, la grande prostituée, Babylone, tenant la coupe de ses vices, chevauche la Bête écarlate à sept têtes.

 

La verrière symétrique, au nord, réalisée dix ans plus tard, évoque la Genèse. Dans le médaillon supérieur, une Vierge en majesté, vêtue d’un manteau blanc brodé d’or, est entourée de huit médaillons (sept personnages de l’arbre de Jessé – ce dernier endormi à ses pieds – et au-dessus de sa tête la colombe du Saint Esprit).

La lancette de gauche figure la création du monde, notamment des animaux, avant l’apparition de l’homme.

Celle de droite est occupée par l’histoire d’Adam et Eve jusqu’à leur expulsion du Paradis.